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Misère sociale et mesures gouvernementales

Cité communale à Bad Kreuznach, construction 1924, autour de 1943/1944[Bild: Stadtarchiv Bad Kreuznach, 6.20-1110]

La guerre, qui avait duré plus de quatre ans, a laissé des traces visibles dans la société allemande. Beaucoup d'hommes étaient morts pendant la guerre et leurs familles ne jouissaient d’aucune sécurité. D'autres en sortaient handicapés. Un peu partout, suite à la démobilisation des femmes ont été licenciées pour permettre la réintégration des anciens soldats. Des actifs ont perdu leur emploi en raison des bouleversements économiques et des crises politiques. La crise de la Ruhr et l'inflation ont aggravé la situation financière de nombreuses familles bourgeoises ou de commerçants et artisans.

Bénéficiaires attendant d'être admis, probablement dans les années 1920, photo d'Arthur Barth[Bild: Stadtarchiv Speyer, 233-1 Reg. 008159]

Les puissances occupantes n'offraient guère de nouvelles opportunités d'emploi. Au-delà, des réfugiés provenant d'Alsace-Lorraine et d'autres régions auparavant allemandes se déplacèrent vers la région frontalière à l’instar du district de Trèves-Sarrebourg. Tout comme les invalides, les veuves et les orphelins, ainsi que d'innombrables chômeurs, dépendaient économiquement des œuvres de bienfaisance des communes. La Loi sur l'assurance-chômage entrée en vigueur en 1927 n'a pu remédier qu'à une faible partie des problèmes.

Les soldats et les employés civils des occupants avaient besoin de logements et de bureaux, de sorte que jusqu'à la fin des années 1920, de nombreuses maisons et appartements ont été réquisitionnés. Là n'était pas la seule raison de la pénurie de logements dans de nombreuses villes. Les administrations municipales ont tenté de lutter contre le problème en engageant la construction de logements communaux et en soutenant les entreprises de construction à but non lucratif. Cependant, la construction ne put commencer qu'après la réforme monétaire et le plan Dawes (1924). A Mayence le plus important projet a été réalisé entre 1925 et 1928, conjointement par la Reichsbahn et la Ville, sur la Fichteplatz. Les préconisations des médecins et des services sociaux concernant l’éclairage naturel, la ventilation, l’exposition au soleil et la présence de verdure y ont été mises en œuvre de manière exemplaire dans la construction d’une cité d’environ 1 000 logements.

Gros œuvre de l’immeuble communal au 37 Goethestrasse, 1927, immeuble célébré par la presse comme le plus moderne de Hesse[Bild: Stadtarchiv Mainz, BPSF 2418a]

Jusqu’à la crise économique mondial, des prêts d’état spéciaux réservés aux territoires occupés permirent aux communes de développer une activité d’envergure dans le secteur de la construction.

Chronique de la Ville de Linz, 31 Décembre 1918

« Cette année encore, l'activité de construction – tant privée que publique – est pratiquement restée au point mort. La pénurie de logements reste pressante. Avant guerre, l’insuffisance de logements, puis l’arrêt des constructions pendant les hostilités ont contribué à ce que la demande de logements dépasse très largement l'offre. Cette situation est devenue encore plus critique en raison de l’arrivée dans la région de nombreux cheminots relocalisés et par l'acquisition de maisons par des entreprises industrielles. Les difficultés d’approvisionnement en matériaux, associées aux coûts de construction élevés, pesèrent sur le secteur et empêchèrent projets privés et projets communaux. » (Archives de la ville de Linz, P 33)

Le comité américain pour la relève des enfants allemands faisait la quête pour des enfants nécessiteux et des mères célibataires d'enfants d'occupants américains[Bild: Landeshauptarchiv Koblenz, 441-22619]
Tract « Aidez-nous, femmes de la campagne » avec la lettre d'accompagnement de l'assocation rhénane pour la bienfaisance rurale et conservation du patrimoine au maire, 21 novembre 1918[Bild: Kreisarchiv Bernkastel-Wittlich, Best. 2.0, Landratsamt Wittlich, Nr. 441]

Auteurs

Traduction: Jacques Cercelet et de Jean-Claude Dufourd (Animation en Côte chalonnaise)

Textes et Édition: Dr. Walter Rummel (Landesarchiv Speyer), Dr. Hedwig Brüchert; Dr. Ute Engelen, Marion Nöldeke, Dr. Kai-Michael Sprenger (tous Institut für Geschichtliche Landeskunde Rheinland-Pfalz e.V.), Franziska Blum-Gabelmann M.A. (Haus der Stadtgeschichte Bad Kreuznach), Dr. Eva Heller-Karneth (Museum Alzey), Dr. Armin Schlechter (Landesbibliothekszentrum Rheinland-Pfalz, Pfälzische Landesbibliothek)